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Victor Hugo, à la mort de Larrey, évoque « l’éblouissant soleil » de l’époque de Napoléon

Victor Hugo (Besançon, 1802/1885)
Poète et écrivain français, membre de l'Académie française (1841).

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 3 - Format : In-8

Lieu : [Paris]

Date : 10 août 1842

Destinataire : Hippolyte Larrey (1808-1895), médecin de Napoléon III, fils du chirurgien de Napoléon

Etat : bon

Description :

En août 1842, la France vient de perdre l’une des grandes figures de l’épopée napoléonienne : le baron Dominique-Jean Larrey, chirurgien en chef de la Grande Armée et médecin réputé pour son dévouement aux soldats blessés, est mort à Lyon le 25 juillet, au retour d’une mission en Algérie. Quelques jours plus tard, Victor Hugo adresse à son fils, Hippolyte Larrey, une lettre de condoléances dans laquelle il rend hommage à la mémoire de cet homme qui, à ses yeux, incarnait à la fois les gloires de l’Empire et le souvenir vivant d’une époque révolue. Cette lettre dépasse ainsi la simple expression d’une sympathie personnelle : elle témoigne aussi de la fascination de Hugo pour la figure de Napoléon et de sa conscience du lent effacement des derniers témoins de cette période historique.

"En réponse à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, je m’empresse, Monsieur, de vous informer que j’ai donné les ordres nécessaires pour que l’Institut soit en mesure de rendre demain les derniers devoirs à votre digne et honorable père, Monsieur le baron Larrey.

D’autres que moi, plus compétents et plus éloquents, diront les hauts mérites de M. Larrey et les regrets profonds de l’Institut. Permettez-moi pourtant, Monsieur, de vous témoigner personnellement, combien j’ai été sensible à la grande perte que vous venez de faire. Monsieur Larrey avait mêlé son nom à toutes les gloires de l’empire, et il en était lui-même une. Tous les jours, nous voyons disparaître quelqu’un de ces hommes vénérés qui étaient parmi nous comme les souvenirs vivants d’un temps de grandeur. Avant peu, cet éblouissant soleil que nous appelons l’époque de Napoléon, se sera complètement éclipsé ; c’est une loi fatale, il le faut, je le sais, mais je n’en suis pas moins profondément attristé chaque fois qu’un de ses rayons s’éteint. Il me semble que la nuit de la Gloire se fait sur mon pays. Tâchons du moins, Monsieur, nous qui sommes les fils de ces hommes dévoués et illustres, tâchons de rendre à la France, par la science, par l’art, par la pensée, un peu de cette splendeur que la guerre et la victoire lui avaient donnée […]. Victor Hugo".

Adresse au dos, avec marques postales.

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