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REF: 10267

Le maire de Nancy met en garde contre les purges de la réaction thermidorienne.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 5 pages ½ - Format : In-folio

Lieu : Nancy

Date : 13/12/1794

Destinataire : Louis Benoit Genevois (1745/1824), conventionnel en mission dans le département de la Meurthe.

Etat : bon

Description :

Très intéressante lettre du maire démissionnaire de Nancy, Joseph Wulliez, ardent jacobin, au conventionnel Louis Benoit Genevois, envoyé en mission dans le département de la Meurthe (depuis le 17 nov.) afin d'entreprendre une campagne contre les "terroristes". Il se montra un élément efficace de la réaction thermidorienne et donna un "Compte rendu [...] de l'emploi des sommes dépensées pendant sa mission dans les dép. de la Meurthe et de la Moselle". Dans cette longue lettre écrite au moment où il quitte ses fonctions, le maire de Nancy, Joseph Wulliez, qui ne fut en poste que du 8 octobre au 14 décembre 1794, dresse un tableau de la situation et lui prodigue des conseils plus ou moins directifs, redoutant sans doute pour lui-même de terribles accusations. "Tu viens ici, citoyen Représentant, avec l'intention louable de rétablir le calme et la tranquillité dans la cité et de l'assurer sur des bases solides et durables. Tous les citoyens ont les yeux ouverts sur toi ; ils se reposent sur la justice et ton impartialité. Ils se promettent un heureux succès du résultat de tes opérations. Un de tes premiers soins, sans doute, sera d'examiner la composition des autorités constituées. Sous le Régime Démocratique, il faut non seulement que les fonctionnaires publics soient purs et sans reproche, mais il est nécessaire encore qu'ils soient connus, qu'ils soient aimés et estimés de leurs concitoyens [...]. Mais avant tout, il faut que tu saches s'il y a des coupables parmi les fonctionnaires publics actuels ; s'il n'y en a pas ; si toutes les dénonciations faites contre eux, ne sont que des calomnies imaginées pour les perdre ; alors, citoyen, tu gémiras sur la vileté et la corruption des hommes ; la lumière commencera à briller à tes yeux et tu ne tarderas pas à te convaincre que ta mission n'a été provoquée que par la réaction de la malveillance, et que les ennemis du bien public, méconnaissant ton caractère, ne se réjouissent si fort de ton arrivée que parce qu'ils espèrent parvenir à te tromper et obtenir de toi des arrêtés qui favorisent leurs vues perfides [...]".

Datée du 23 frimaire an 3.

680,00 476,00

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