REF: 4458

L’amiral Coupvent-Desbois renonce à la Cochinchine par amour.

Aimé Auguste Elie Coupvent-Desbois (Dunkerque, 1814/1879)
Vice-amiral, il participa au voyage de circumnavigation de Dumont-d'Urville sur la Zélée.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 4 - Format : In-8

Lieu : Saïgon

Date : 25/02/1862

Destinataire : Sans

Etat : bon

Description :

Lettre pleine de passion et de désespoir de Coupvent-Desbois, alors en station à Saïgon, à celle qui lui crée tant de tortures morales. «Je compte peu sur votre gratitude, je suis habitué à vous voir ingrate et chaque jour je perds lambeau par lambeau quelques uns des moyens que j'aurais pu conserver de vous faire changer d'avis [...]. Que voulez-vous, la vie est une vallée de larmes ; à l'exception de quelques fleurs que vous ne voulez pas semer sur le chemin de mon existence, le reste ne vaut pas la peine qu'on s'en occupe et j'aime bien mieux les étoiles de vos yeux que toutes celles que pourraient semer sur moi un gros homme plus ou moins barbu qui perche dans quelque ministère plus ou moins maritime [...]». Il renonce à sa carrière par amour : «Quoique un peu habitué à vos garçonades méridionales, je n'ai pas hésité et je viens de demander mon retour en France. Je renonce pour vous à la gloire que j'allais conquérir en Cochinchine. J'aurais pu devenir un autre Malakoff et même me mettre sur les rangs pour la place de grand maître de la garde-robe, si je n'avais pas eu d'instinct une répulsion persistante pour tout ce qui touche à ces fonctions locales. Or donc, je vous tombe sur les bras dans peu. Je choisis l'époque du printemps où les oiseaux roucoulent d'instinct. Roucoulerons-nous ou ne roucoulerons-nous pas ? Je roucoulerais volontiers d'autant plus que je n'ai pas roucoulé depuis longtemps [...]». Il avoue son état d'épuisement physique et moral. «Je vous dirais que je suis éreinté au physique comme au moral ; ce climat a une action énervante extraordinaire ; je n'ai aucune de ces maladies choléra, fièvres, dyssentries qui enlèvent pas mal de monde, je n'ai jamais pu avoir de ma vie, aucune de ces turpitudes là, mais j'éprouve un épuisement général physique et moral [...]».

350,00

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