REF: 15974

Violente lettre pleine d’ironie de Boris Vian après une critique de l’Equarrissage pour tous

Boris Vian (Ville-d'Avray, 1920/1959)
Écrivain, parolier, musicien.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 - Format : In-4

Lieu : Paris

Date : 21 avril 1950

Destinataire : Guy Verdot (1918-1984), écrivain et journaliste à Franc-Tireur

Etat : Deux trous de classeur en marge

Description :

Brouillon très raturé et corrigé d'une lettre dans laquelle Boris Vian répond avec un ironique mépris à la critique acerbe de Guy Verdot sur sa pièce L’Équarrissage pour tous créée le 14 avril 1950 au théâtre des Noctambules.

"Il m'a paru poli de vous remercier de l'incisive et profonde critique publiée par vos soins dans Franc-Tireur du 17-4-50 au sujet de l'Equarrissage pour tous ; j’aime à me dire que vous me consacrâtes une parcelle de ce temps si précieux qui vous valut déjà de pénétrants chefs d’œuvre (Au fait, je viens de relire votre "Amour comme le nôtre" ce diable, ce bon (sic) Dieu, monsieur Verdot, quelle audace! Et dire que j'avais failli me demander si votre compétence en matière théâtrale était suffisamment fondée pour que l'on tolérât de vous la voir s'exercer dans un journal de l'envergure de Franc-Tireur. Je suis, monsieur Verdot, pleinement rassuré. Mais là n'est point l'objet essentiel de cette lettre. Vous eûtes dans ce Franc-Tireur, une idée extrêmement intéressante : je veux parler de cette opérette sur les camps de concentration. Cette idée, je l’avoue, me tente. Et c’est là que je vais abuser de votre complaisance ; je sens que le talent me manque pour mener seul à bien cette entreprise hardie. Puis-je, monsieur Verdot, compter sur vous pour écrire les couplets ? Le titre, si original, de votre pièce, prouvait à quel point vous possédez le sens de la chanson : c'est ce qui me fait insister. Ne vous inquiétez pas… si c’est un four (crématoire) ça ne sortira pas du sujet (hein... on dirait de l'Henri Magnan...). Vite une réponse favorable, je vous prie. Bien à vous. Boris Vian". Et il ajoute en post-scriptum : "Vous déplorez, nous l’avons senti, la facticité de notre caisse de dynamite finale. Ceci nous titilla et nous nous proposons de la remplacer par une vraie. Mais vous viendrez au moins le premier soir?"

2900,00

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