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Violente lettre de Paul Léautaud à Jean Denoël

Paul Léautaud (Paris, 1872/1956)
Ecrivain, diariste et critique littéraire à la plume incisive, il tint son Journal littéraire durant 63 ans.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 1 - Format : In-8

Lieu : Sans

Date : 1er septembre 1953

Destinataire : Jean Denoël (1902-1976) éditeur, exécuteur testamentaire de Cocteau et Max Jacob

Etat : bon

Description :

Violente lettre de Paul Léautaud écrite au lendemain de la grève générale des services publiques qui a mis deux millions de personnes dans la rue et a bloqué tout le pays du 5 au 25 août 1953.

"On peut enfin se donner réciproquement des nouvelles. En attendant que cette forme de révolution recommence en octobre, comme les porte-parole de toute cette racaille le donnent dès maintenant à entendre. Il n'y a plus d'État pour que soient tolérés de pareils désordres, de pareilles menaces, de pareilles exigences, sans compter les attentats purement criminels : voies ferrées, bâtiments, etc. Alors qu'avec un (?) d'arrestations et la mise en service de quelques mitrailleuses, on eût fait taire les organisateurs de tout ce raffut.

Vous avez dû voir le nombre de millions perdus que cela représente pour le pays. Et combien aussi, pour bien des particuliers. J'en suis pour ma part pour 20 ou 25.000 francs. Je devais remettre le 31 août à Paulhan des notes pour une vingtaine de pages de la N.R.F. numéro d'octobre. Pas de postes, pas de métro ni d'autobus, pas de téléphone. Résultat : flambé.

De plus, quelques autres soucis. Quand vous viendrez à Fontenay, vous verrez dans quel état ma nouvelle propriétaire a mis une partie de mon jardin : un terrain vague. Et si je ne m'étais fâché, et si je n'avais surveillé de près les deux bûcherons chargés du travail, Dieu sait quel pire eût été. Je suis enchanté du bon rétablissement de Monsieur Gould. Faites lui part de toutes mes salutations. Pour Madame Gould, nous la reverrons peut-être à Paris un de ces jours. En tout cas pour elle, mes fidèles et vives amitiés, comme pour vous toutes mes cordialités" [Léautaud était un habitué, tout comme Paulhan, des fameux déjeuners littéraires de la salonnière américaine Florence Gould].

350,00

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