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Longue lettre de 12 pages de Léo Delibes à Camille Erlanger, à la villa Médicis

Léo Delibes (Saint-Germain-du-Val (Sarthe), 1836/1891)
Compositeur, auteur d'opéras et de ballets, parmi lesquels Coppélia et Lakmé.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 12 pp. - Format : In-8

Lieu : S.l. [Paris, selon le cachet postal]

Date : Dimanche 14 avril 1889

Destinataire : Camille Erlanger (1863-1919), compositeur

Etat : Bon

Description :

Longue et très belle lettre de Léo Delibes, pleine de conseils, adressée à son ami, le compositeur Camille Erlanger, en résidence à la Villa Médicis de Rome.

Il évoque divers sujets :

Le conservatoire : "[...] je me débats en ce moment dans une complication de séances, de jurys, de commissions de toutes sortes, pour la plupart en vue de l'exposition [...]". Il déplore que tout cela soit souvent inutile et l'empêche de travailler.

A propos du séjour à Rome d'Erlanger, pensionnaire de la Villa Médicis : "Vous êtes tout à fait dans l'état d'esprit où doit se trouver un pensionnaire de Rome pour arriver à de bons résultats. Un travail sérieux et régulier, combiné avec des distractions qui peuvent développer l'imagination et le sentiment du beau. C'est idéal !".

Ses conseils : Delibes disserte sur le travail que doit fournir Erlanger, le poème Pétrarque serait-il matière à travail musical : "J'approuve beaucoup (en attendant un ouvrage poétique et symphonique) votre travail classique [...] Est-ce une messe de Requiem que vous avez commencée ? ou seulement des fragments ? Le Kyrie est également le premier morceau d'une messe ordinaire et d'une messe funèbre. Pour l'emploi de l'orchestre moderne dans ce génie de composition, il n'y a pas de lois absolues. Berlioz, et plus récemment Liszt et Verdi ne se sont pas fait faute d'employer toutes les ressources de l'instrumentation moderne, mais je vous conseille d'écrire la chose dans une tradition classique, avec beaucoup d'importances aux voix (souvent dans le style fugué) au rôle de l'orgue et au quatuor, avec l'emploi des trombones ou trompettes, de temps en temps, dans les passages caractéristiques [...]". Il abreuve Erlanger de nombreux conseils pour sa musique et évoque ses propres sorties et souvenirs dans Rome et en Italie. Il est ensuite question des élèves artistes, sculpteurs ou peintres et du droit à passer des concours en étant aussi appelé sous le drapeau.

À propos de ses élèves : Delibes compte présenter Alix Fournier au prochain concours Rossini, si sa santé le permet. Maurice Emmanuel, qui fut également son élève, a été très dérangé dans ses travaux "je ne le trouve pas suffisamment prêt", tout comme Eugène Meurant.

Encre noire sur trois feuillets doubles de papier vergé. Enveloppe conservée avec adresse autographe, timbres et marques postales. En-têtes imprimés "220, rue de Rivoli".

1300,00

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