Le père Grosgeorge, missionnaire apostolique du Cambodge, fait un état des difficultés de sa mission
Jean-Baptiste Grosgeorge (La Voivre, 1846/1902)Rare lettre du missionnaire apostolique de Cambodge, écrite de Phnom Penh, dans laquelle il relate les difficultés qu'il rencontre à l'accomplissement de sa mission.
Ses multiples occupations sont la cause mis à répondre à sa dernière lettre ; beaucoup d'ecclésiastiques ont des secrétaires qui s'occupent du courrier mais lui n'a pas cet honneur : "je puis encore tenir au bureau mes huit heures par jour. Cependant je commence à avoir peur [...]" ; aussi lui demande-t-il "que vous priez bien pour votre ami et notre mission afin que le bon Dieu bénisse nos travaux et que nous puissions faire de nombreuses conversions parmi les païens. Les années précédentes nous avons eu la disette dans toutes ses phases et avec toutes ses conséquences. Notre mission a été plus que secouée ; Dieu nous est venu en aide : gloire et reconnaissance à lui. Mais que nous réserve la Providence cette année?". Depuis l'Extrême-Orient on s'inquiète beaucoup de ce qui se passe en France et on craint qu'une guerre ne se déclenche ; aussi accroit-il ses prières pour la paix. "Mon Dieu, délivrez-nous de la guerre et des insurrections, afin que nous puissions travailler en paix à l'établissement de votre règne. Le gouvernement français est loin sans doute de nous être favorable : mais on s'arrange toujours mieux avec les siens qu'avec des étrangers ; et puis le sang qui coule dans nos veines n'est-il pas tout français? [...]. Nos oeuvres continuent à progresser. Je vais être fort embarrassé à la fin de cette année : il faudrait ordonner une bonne demi-douzaine de s. diacres, et la mission est à bout de ressources pour leur assurer "l'honnête entretien", c.à.d. le petit viatique que nous donnons à nos prêtres indigènes... Nous avons notre séminaire dans un état lamentable ; il serait de toute nécessité de le reconstruire, et je n'ai pas même pu trouver cent francs dans les fonds de la mission à ajouter à l'allocation pour l'entretien des élèves. Comment nous en tirerons-nous? [...]". Il donne des nouvelles de différents pères missionnaires qui officient auprès de lui ou dans le restant de l'Indochine : le père Kemlin, mgr Grandclaude "placé dans un des plus beaux sites de l'Annam, Gôthi", le P. Humbert "pilier du séminaire de Saïgon", le P. Marcelier "doyen d'âge de l'Indo-Chine qui ne s'est jamais remis d'une attaque d'apoplexie". "Nous avons un jeune missionnaire, le P. Say, qui est mort à Hong Kong, le 8 courant, d'un abcès au foie : c'est une grosse perte pour notre mission [...]".
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