REF: 16062

Exilé en Angleterre depuis la prise de la Bastille, le manufacturier Jean-Baptiste Réveillon, demande des gages pour assurer son retour

Jean-Baptiste Réveillon (Paris, 1725/1811)
Industriel français qui fit fortune dans la fabrication de papiers peints, dirigea la Manufacture royale de la Folie Titon et reste surtout connu pour l’« affaire Réveillon », émeute survenue à Paris en avril 1789 après que ses propos sur le prix du pain eurent été interprétés comme une volonté de réduire les salaires ouvriers.

Type de document : lettre signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 - Format : In-folio

Lieu : Londres

Date : 12 octobre 1789

Destinataire : "les présidents, citoyens et habitans du district de Popincourt, au faubourg St Antoine à Paris"

Etat : petit trou en marge, marque d'onglet au dos

Description :

Cette lettre de Jean-Baptiste Réveillon, écrite à Londres le 12 octobre 1789, témoigne des bouleversements politiques et sociaux qui accompagnent les premiers mois de la Révolution française. Propriétaire de la manufacture royale de papiers peints de la Folie Titon, située dans le faubourg Saint-Antoine, Réveillon avait été contraint de quitter la France après les violentes émeutes des 28 et 29 avril 1789, déclenchées notamment par des propos qui lui furent attribués sur les salaires ouvriers. Alors réfugié à Londres, il répond ici à l’arrêté du district de Popincourt du 20 septembre, par lequel ses habitants expriment leur compassion pour ses malheurs et proposent de placer sa personne et ses biens sous leur protection. Cette lettre, qui exprime sa reconnaissance et son désir de rentrer en France, révèle ainsi les tentatives de réconciliation autour d’un homme devenu, quelques mois plus tôt, l’une des premières victimes emblématiques des tensions sociales de la Révolution.

« Il me seroit bien difficile de vous exprimer ce que j’ai vivement senti en lisant votre arrêté du 20 7bre dernier, par lequel en adhérant à celui de messieurs du district de Ste Marguerite du 16 du même mois, vous daignez être sensibles aux malheurs qui m’ont forcé de m'expatrier. Vous avez la bonté de désirer mon retour, et vous voulez bien mettre sous votre protection et sauvegarde ma personne et mes propriétés.

Mais, messieurs, quand le cœur est vivement affecté, les termes lui manquent ; et ce ne sera que lorsque je me trouverai au milieu de vous, que je pourrai peut-être vous convaincre, comme je le dois, de ma sensible reconnoissance. Les témoignages d’estime et d’intérêt dont vous m’honorez sont bien capables d’éloigner de moi l’idée des maux que je souffre depuis le cruel désastre dont j’ai été victime.

Ce n’est pas par des paroles qu’on peut rendre des sentimens tels que ceux dont je suis pénétré. Je ne l’entreprendrai point, messieurs, mais ce sera en consacrant le reste de mes jours à des travaux utiles, qui depuis plus de vingt années ont été, et seront encore, je l’espère, une ressource pour les ouvriers de ma manufacture, et pour les habitans du faubourg St Antoine, que je m’efforcerai de vous témoigner combien je désire conserver et mériter toujours la bienveillance dont vous m’honorez ».

Cette lettre est directement liée à la célèbre affaire Réveillon, l'un des épisodes les plus marquants des débuts de la Révolution française. Les 27 et 28 avril 1789, la manufacture de papiers peints de Jean-Baptiste Réveillon, installée au faubourg Saint-Antoine, fut pillée et incendiée à la suite de rumeurs selon lesquelles son propriétaire souhaitait abaisser les salaires des ouvriers ; son effigie fut portée jusqu’en place de Grève et pendue. Ces émeutes, qui firent plusieurs centaines de victimes, sont aujourd'hui considérées comme un prélude à la prise de la Bastille du 14 juillet 1789, à laquelle ses ouvriers prirent part.

 

1400,00

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