REF: 16001

Erudite lettre de Gilles Ménage et Charles Dupérier à Pierre-Daniel Huet évoquant l’amitié de Madame de La Fayette

Charles Dupérier (Aix-en-Provence, 1632/1692)
Poète néolatin, ami de Gilles Ménage qui le nomme prince de poètes lyriques de son temps.
Gilles Ménage (Angers, 1613/1692)
Grammairien, érudit et écrivain, il fut l'ami (ou l'adversaire) de la plupart des écrivains de son époque qu'il recevait à l'Hôtel de Rambouillet ou dans son appartement du cloître Notre-Dame  ; Molière le ridiculisa à travers le personnage de Vadius des Femmes savantes.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 - Format : In-4

Lieu : Paris

Date : 6 août 1661

Destinataire : [Pierre-Daniel Huet (1630-1721), érudit et académicien

Etat : bon

Description :

Lettre écrite conjointement par Gilles Ménage (1 p. 1/4, signée de son paraphe) et Charles Dupérier (1/2 p., signée). Elle est adressée à Pierre-Daniel Huet qui préparait son ouvrage sur le Commentaires d'Origène.

"Je receus vostre pacquet mercredy au soir en présence de Mr Du Périer, qui se chargea de rendre vostre lettre au Père Rapin [René Rapin], & j'ay seu depuis qu'il la luy avoit rendue. Je vous prie de rendre à Madame de Montatere celle que je luy ofris. Vous avez bien fait de m’avertir de ne parler à personne de la passion que j’ay d’avoir commerce de lettres avec elle, puisque vous ne voulez pas qu'on le sache ; car comme jay l'esprit fort plein de cette passion, je n'eusse pas manqué d'en parler. Ce n’estoit que pour parler de ce manuscrit d’Origène à M. Tarin que je faisais restât de l'aller chercher au lieu où il est, j’attendray donc son retour, & vos ordres pour escrire au Cardinal Barberin. Je ne suis point d'avis de ceste jonction de la vieille version avenue la nouvelle, & il me semble qu'il suffit de remarquer dans nos notes les diversités les plus considérables de ces versions.

Je vous envoie mon Moissoneur, qui se ressent bien de la langueur où j'estocs quand je le fis. Quelque jour à mon loisir je le retoucheray, cependant vous me direz s’il vous plaist en quels endroits vous estes d’avis que je le retouche. Vous me direz aussi s’il vous plaist si mon Épigramme aux Académiciens de la Crusca [de Florence] peut estre imprimée en l’estat que vous la trouverez icy. Je suis assez d'avis que vous écriviez à vostre evesque.Si vous luy écrivez, adressez moy vostre lettre. J’ay fait voir à Me de la Fayette ce que vous m’escrivez d’elle. Sans que je vous aime plus que moy mesme, je serois bien jaloux de l’amitié qu’elle a pour vous. Entretenez vous bien de moy je vous prie aveque l’Ami Segrais [l'académicien Jean Regnault de Segrais], & dites à Monsieur vostre lieutenant général, que je fus le chercher le jour qu’il partit à l’heure qu’il m’avoit donnée. Adieu je suis tout à vous, & de toute ma passion ».

Charles Du Périer prend ensuite le plume pour compléter la lettre.

"Je vis bien à vostre mine que les vers que javois commencés pour vous sur le subject de vostre livre nestoient pas tout à fait a vostre goust comme effectivement je n'en estois pas satisfaict, ce qui m’a obligé de changer de stile et de vous adresser une ode que j’espère [...] quelle sera plustost achevée que vostre livre je vous engage mon honneur et je suis honteux de vous rendre si tard ce ressentiment que je vous dois depuis si long temps. Je suis un peu glorieux et comme il m’estoit impossible d’égaler vos beaux vers [...]"

Ancienne collection Alfred Dupont. Vente Drouot 3 juin 1977 n°125

 

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