Bartholdi développe son idée de produits dérivés de la Statue de la Liberté
Auguste Bartholdi (Colmar, 1834/1904)Formidable lettre d'Auguste Bartholdi, dévoilant son idée de proposer des produits dérivés de la Statue de la Liberté, afin de renflouer ses caisses durement éprouvées par les frais engagés dans cet ambitieux projet, mais également pour servir de moyen de promotion auprès du public américain. Elle est adressée à son ami Georges Glaenzer qui était le secrétaire de la Commission Française de souscription à la Statue de la Liberté.
« Mon cher Glaenzer,
Je reçois parfois les propositions les plus bizarres de gens qui demandent à partager les droits de reproduction de la statue, sous différentes formes. Cela m’a donné l’idée qu’il y aurait quelque chose à faire pour l’œuvre et je vous prie de l’étudier avec votre cher beau-père.
J’ai l’intention de céder temporairement au Comité de New York le bénéfice des droits de reproduction qu’il autoriserait aux Etats-Unis.
Le Comité me rendrait la jouissance de mes droits sitôt après et me transmettrait les contrats qu’il aurait conclus. Il traiterait avec qui il voudrait, il faudrait stipuler que je me réserve mon droit de vendre les modèles en terre cuite modèles d’artiste signés de ma main et numérotés ; car j’ai toujours l’espoir que ces terres me feront peut-être rattraper quelque chose des gros sacrifices que j’ai eus à faire.
Il faudrait aussi sauvegarder les droit d’Avoiron et par conséquent ne pas autoriser de reproduction en zinc.
On pourrait faire faire des médailles, des gravures, photographies, des plâtres, de petits bronzes, des objets mobiliers, etc….
Dites moi ce que vous pensez de cela, consulter M. Butler [Richard Butler (1831-1902) le secrétaire du Comité américain pour la Statue de la Liberté] à ce sujet et s’il approuve mon offre, je l’autorise par la présente à l’exposer en mon nom au Comité.
Je vous enverrais les modèles qui seraient nécessaires et je pourrais envoyer à M. Butler un pouvoir pour signer les traités qu’il ferait et il n’aurait qu’à m’envoyer la formule nécessaire. Cela pourrait être productif pour l’œuvre et la populariserait.
Je vous rappelle que j’attends votre réponse au sujet de la patente, je voudrais la modifier et j’aurais été bien aise de l’avoir pour étudier cela.
Ma femme vous envoie toutes ses amitiés et vous prie de la rappeler au souvenir de madame Glaenzer, veuillez y joindre tous mes hommages et recevez l’expression bien affectueuse de mes meilleurs sentiments. Votre bien dévoué,
Bartholdi »
4800,00€