REF: 16004

Tendre lettre de Grimod de La Reynière à mademoiselle Feuchère

Alexandre Balthazar Laurent Grimod de La Reynière (Paris, 1758/1837)
Gastronome et épicurien, auteur de l'Almanach des Gourmands.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 pp. 1/4 - Format : In-4

Lieu : Béziers

Date : 13 avril 1791

Destinataire : Adélaïde-Thérèse Feuchère (1764-1785), comédienne de la troupe de la Comédie française

Etat : Petit trou dû au décachetage de la lettre

Description :

Tendre lettre de Grimod de La Reynière, signée "GDLR", adressée à Mademoiselle Feuchère, comédienne de la Comédie française qu'il avait rencontrée à Lyon, qu'il épousa semble-t-il en 1790 (le 4 septembre, selon Gustave Desnoiresterres) ; cette même année, le 14 octobre, leur fille naitra de cette union.

Le début de la lettre concerne sa santé : "Je reçois à l’instant, Mon aimable amie, votre très chère lettre du 9 avril, et je m’empresse de vous en remercier et d’y répondre.

Je ne vous ai jamais donné Julien pour un homme d’esprit, mais voici ce qu’il m’a mandé mot-à-mot sur votre maladie "madame m’a dit que vous ne voyiez pas d’espoir si elle ne vous a pas écrit depuis quelque tems – c’est un mal de tête qui l’en a empêché, mais à présent cela va bien et elle vous fait le compliment". Cette lettre qui est du 1er avril m’autorisoit à croire votre indisposition légère […]. Dès que vous m’avez donné vous-même des détails sur votre maladie vous avez dû voir par ma réponse combien j’avois d’inquiétude et de regret d’avoir tourné la chose en plaisanterie. J’en veux à M. Pitt qui me doit deux réponses de ne vous en avoir pas écrit un mot […]. Ce que vous me dites de votre maladie n’est guère propre à le faire. Je vois que votre imprudence est la cause de votre rechute et vous êtes sortie trop tôt, mais dites-moi au juste ce que c’est que cette maladie, est-ce une perte ? une simple inflammation ? des douleurs à la matrice ? Avez-vous de la fièvre, des maux de tête ? Mettez-moi au fait, vous savez que j’aime les détails de tout ce qui vous concerne. Vous pouvez dicter votre réponse à Mlle Thévenin […]. Si vous saviez ma chère amie combien le détail que vous me donnez de vos souffrances m’inquiète et m’alarme […] Ménagez-vous bien je vous en conjure […]. Je voudrais bien être auprès de vous pour vous servir et vous soulager […] ». La discussion s’engage soudainement sur la qualité des tissus et leur prix « Il paraît que vous êtes aussi difficile en toiles que sur tout le reste, et que vous nêtes guère au courant de ce quelles valent à Lyon […]".

Puis il revient sur son état de santé qui l’inquiète. "Depuis que vous êtes malade je ne saurois plus faire de jolis rêves, cela éteint mon imagination la nuit comme le jour, mais dès que vous serez rétablie je vous promets de recommencer. Vous minvitez à réaliser le dernier, cest sans doute lorsque nous serons ensemble, car je serois un peu piqué que vous fussiez assez indifférente sur mon compte pour me donner ce conseil avec une autre […]. Vous mavez tellement refroidi pour toutes les femmes qui ne sont pas vous, que je crois que jaurois beaucoup de peine à me trouver seulement homme avec elles, ce qui seroit encore bien loin dun rêve où je me suis trouvé Hercule. Aussi nest-ce hélas quun rêve ! Mais je vous indiquerai les moyens de le réaliser à mon retour dans toute son étendue. Il termine sa lettre par : "Adieu, mon cher cœur, je vous embrasse tendrement par tous les bouts".

Et ajoute en P.S. le lendemain : « Vous devez avoir chez vous un petit morceau de mon Ecriture intitulée histoire de lange-lure et de la fé-lure. Oserai-je vous prier de le confier pour 2 jours à Julien qui en fera faire une copie pour moi par M. Fersevale et vous le rendra aussitôt. J’ai promis à ma tante de lui faire lire cette plaisanterie ingénieuse et voudrois lui tenir parole – Julien m’écrit du 10 que vous êtes encore un peu incommodée".

 

Transcription complète jointe.

1000,00

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