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REF: 15954

Formidable lettre du général Charbonnel écrite de Tilsit, témoignant de l’entrevue de Napoléon et du Tsar Alexandre

Joseph Claude Marie Charbonnel (Dijon, 1775/1846)
Général d'Empire (artillerie), il participe à toutes les grandes campagnes (Egypte, Allemagne, Russie), se bat à Wagram, Essling, La Moskova, etc.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 pp. 1/2 - Format : In-4

Lieu : Tilsit

Date : 25 juin 1807

Destinataire : son père

Etat : petites usures sans gravité

Description :

Formidable lettre du général Charbonnel à son père, écrit de Tilsit, le jour même de l'entrevue secrète de Napoléon et Alexandre 1er sur un radeau aménagé sur le Niemen après les batailles de Friedland et Koenigsberg (25 juin 1807). Il témoigne des dernières batailles, en particulier de Koeningsberg où il commandait l'artillerie.

« Depuis ma dernière lettre, mon cher père, nous avons fait une campagne : M. le maréchal Ney ayant été attaqué dans ses positions de Gattstadt, l'Empereur réunit son armée qui était fort tranquille dans les camps et marcha sur l'ennemi que l'on battit le 11 devant Heilsberg et plus complètement encore à Friedland et dans Koeningsberg ; enfin nous avons passé pêle mêle avec lui la Pregel et l’avons rejetté au-delà du Niemel ou Memel. J’ai été aussi heureux dans cette campagne-ci que dans les précédentes ; devant Koeningsberg où j’avais une batterie de vingt bouches à feu contre environ soixante qui tirait à couvert de la place contre la mienne qui était sur un plateau à demi portée et à découvert, je n’ai reçu qu’une forte contusion à la jambe gauche et ai [eu mon] cheval tué sous moi d’un boulet, c’était mon meilleur cheval, [je le] regrette beaucoup ; mais comme je suis quitte pour un emplâtre de mie de pain que je vais même ôter demain je dois regarder le coup comme fort heureux. Ce qu’il y a de plus heureux encore, c’est l’événement d’un armistice indéfini conclu hier que je regarde comme le précurseur d’une paix très prochaine entre la Russie, la Prusse et la France ; les empereurs Alexandre et Napoléon ont eu aujourd’hui une entrevue de deux heures dans une petite maison de bois construite sur un ponton au milieu de la Memel [Niemen] ; je les ai vu sortir à trois heures après midi, la phisionomie riante et paraissant fort contens l’un de l’autre ; ils doivent encore se voir demain à la même heure et l’empereur Alexandre doit même venir habiter Tilsit et présenter le roy de Prusse aujourd’hui à l’empereur Napoléon. Les premières bases de la pacification étant arrêtées entre les deux empereurs, il laissera les détails aux ministres des deux puissances : Mr de Taleyrand vient d’arriver et le feld maréchal Kalkreut [von Kalkreuth] le défenseur de Dantzig s’est déjà rendu ici pour y représenter son souverain. Les ténèbres qui obscurcissaient l’horizon politique, commencent à se dissiper ; la paix sera solide et durable : l’empereur Alexandre parait très animé contre les Anglais qui bientôt sans doute ne trouveront plus sur ce continent d’autres alliés que le roy de Suède. Les deux armées paraissent désirer également de rentrer [dans leurs] pays ; en mon particulier, je commence à m’apercevoir que quinze [années] de guerre sont bien longues ; j’ai besoin d’un peu de repos […]. Le canonnier Favet de la 4e compagnie de mon régiment a été tué d’un boulet au combat d’Ostrolinka : son père aurait beaucoup mieux fait de lui substituer un remplaçant : il n’aurait jamais réussi dans la carrière militaire, c’était un très médiocre sujet […] ».

 

Adresse au dos avec marque postale "n°9 GRANDE ARMÉE".

2000,00

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