Le commandant des îles du Salut fait un point sur la situation en Guyane en particulier au pénitencier de La Comté
Louis Eugène Gaultier de La Richerie (Fort-de-France, 1820/1886)Intéressant lettre de Louis Eugène Gaultier de La Tricherie, qui était alors commandant particulier des îles du Salut (depuis 1853) et chef d'État-major de la division navale de la Guyane. Elle est possiblement adressée à l'amiral Bonard, qui venait de quitter ses fonctions de gouverneur de la Guyane.
Il tient à lui exprimer toute sa reconnaissance pour ses bontés dont "l'effet se réalise en ce moment. Je ne puis que protester de mon dévouement et mes efforts à la réussite de l'œuvre immense qui vous a été confiée". Il espère que (Vernière ?) ira bientôt le rejoindre et le mettra au courant de la situation qui est loin d'être désespérée. "Après votre départ il y a eu un moment de panique à la Comté : on ne parlait rien moins que de tout évacuer. Aujourd'hui les courages sont remontés et le travail commence à marcher. Dupuy & M. Mélinon partent après demain pour aller reconnaitre les montagnes environnantes Ste Marie du côté de l'Intérieur. La route de la Comté se poursuit, mais je trouve tout cela bien lent. Pensez à recruter si c'est possible des commandants de Pénitenciers : car ceux actuels ne sont pas de première force". L'aide qu'il avait au Bureau du matériel lui a été retirée au moment où il commençait à se mettre au courant. "L'ordonnateur ne sait pas ce qu'il veut : il en est encore à l'Ordonnance organique régissant les Pénitenciers. Vous ne le croiriez peut-être pas, amiral, mais c'est exact : le payement des Libérés n'est pas encore terminé : l'argent rendu sur place, on s'est aperçu qu'on n'avait que de l'or pour des payements de sept ou huit f. par individu... Maintenant, il ne me faut plus que quelques personnes autour de moi pour suivre les mouvements de la machine & même la diriger dans le sens que vous aurez indiqué".
Il lui adresse tous ses vœux, ainsi qu'à sa famille. "Adieu, amiral, rétablissez votre santé avant tout & restez en France un mois ou deux de plus, avant de revenir prendre un Commandement qui, s'il n'est pas aussi brillant que ceux de la mer Noire & de la Baltique, en a toutes les difficultés, les vicissitudes & les dangers". Il le charge de présenter ses hommages à l'amiral Hamelin. "Vous m'avez placé sur la route de la fortune" [...]".
Le bagne de Guyane était composé de plusieurs camps et pénitenciers. Parmi eux, celui de La Comté (1854-1859), était consacré à l'exploitation des bois.
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