Lettre de Roger Nimier sur Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot
Roger Nimier (Paris, 1925/1962)Lettre de Roger Nimier à Jacques Chardonne sur Les Diaboliques, d'Henri-Georges Clouzot, sorti en 1955, inspiré de Celle qui n'était plus, roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac.
"Les Diaboliques n'ont pas plu à tout le monde. Les personnes qui ont du coeur se sont fâchées. Elles ont même ajouté que c'était un film mélodramatique. Une grave erreur. Il est difficile de tuer plus discrètement, des deux façons. Les soporifiques et les attaques de coeur, cela ne fait pas de bruit.
Roland Cailleux, un de mes amis, vous l'aimeriez bien, pense que le roman de Boileau et Narcejac est meilleur : ce sont deux femmes amoureuses l'une de l'autre (une perversion). L'une des femmes conseille au mari de tuer la seconde et l'aide. Mais elle réapparait, hante ses nuits, il se suicide. Les petites pestes partent pour le Midi, heureuses, riches et délivrées. Encore un roman du couple, vous voyez.
"Ibn Séoul" par Benoit-Méchin : lisez-le.
J'ai eu l'occasion de donner de grands coups sur un de vos petits fils (Gilles). Il est très résistant. Je vous en félicite. Votre ami. Roger N. Il avait mal, mais il riait puisque l'intention était bonne. C'est ainsi que nait, chez les lecteurs, le goût de la littérature obscure. Habitués au déplaisir, ils le goûtent partout".
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