REFERENTIE: 16104
De depressieve Curnonsky vindt hernieuwde vreugde in het lezen van de correspondentie tussen Flaubert en Maupassant
Maurice Curnonsky (Angers, 1872/1956)Gastronome et critique culinaire, il publie de nombreuses chroniques dans la presse parisienne et des romans. Il fonde l'Académie des vins de France et participe à la création du guide Michelin.
Beschrijving : Lorsque la guerre éclate, Curnonsky quitte Paris et s'installe en Bretagne dans une auberge, "chez Mélanie" à Riec-sur-Bélon (Finistère) ; il y restera durant toute la durée de la guerre.
Il est à l'abri des bombes, mais il déprime profondément : "Je viens bien tard vous dire : merci de tout coeur! pour votre aimable envoi, mais mon cafard tourne au capharnaüm, et j'ai hésité à vous inoculer ce virus! Dans ma triste solitude intellectuelle, rien ne peut être plus précieux que des livres - et je…
Lire la suiteLorsque la guerre éclate, Curnonsky quitte Paris et s'installe en Bretagne dans une auberge, "chez Mélanie" à Riec-sur-Bélon (Finistère) ; il y restera durant toute la durée de la guerre.
Il est à l'abri des bombes, mais il déprime profondément : "Je viens bien tard vous dire : merci de tout coeur! pour votre aimable envoi, mais mon cafard tourne au capharnaüm, et j'ai hésité à vous inoculer ce virus! Dans ma triste solitude intellectuelle, rien ne peut être plus précieux que des livres - et je ne parle pas des livres sterling, et pour cause! Les Lettres de Flaubert et de Maupassant sont un des plus beaux documents qu'on ait jamais réunis sur l'amitié littéraire [...]. Quant à votre Père Decorne [Le Père Décorne et ses semblables, de Georges Normandy], c'est tout simplement un des plus passionnants romans régionalistes que j'ai lus, avec ceux de notre admirable Pourrat. Je suis moi-même un régionaliste fervent et un folkloriste ardent et ce beau livre m'est allé droit au coeur. Le Père Decorne est un type vivant qui nous survivra.
Merci aussi pour la Villa Mauresque de ce grand Lorrain [le roman Très Russe (1886) de Jean lorrain avait reparu sous ce titre en 1942 ; natif de Fécamp comme lui, Georges Normandy lui avait consacré une biographie]. Je n'ose plus écrire au cher brave ami Bonnamour! Je crains de l'accabler de mes jérémiades. Je continue de vivre au ralenti, en proie à des angoisses... budgétaires et autres - et à une tristesse que vous pouvez deviner. La lecture seule m'apporte une diversion. Ah! si vous pouviez m'envoyer vos Poètes libertins! et vos Poètes humoristes! et vos belles études biographiques sur Lorrain et sur Maupassant [...]. Je trouve une déléctation morose dans les mots croisés, dans une partie de Jacquet bi-hebdomadaire et dans quelques belotes locales... Vous avez compris depuis longtemps qu'il m'est impossible "aux prix actuels!" de vivre à meilleur compte et à moins de frais qu'ici, où je ne paie que demi-pension puisque je ne fais qu'un repas par jour. Je veux pourtant espérer que ce hideux cauchemar se finira et que notre ex France ne restera pas un pays de protectorat. Le jour où je vous reverrais, cher vieil ami, serait un des plus lumineux de mon crépuscule! Toute la vieille et fidèle affection de votre pauvre vieux prince [Curnonsky avait été élu "Prince des Gastronomes"] dont la couronne de carton a pourtant mieux tenu que bien des couronnes d'or [...]".
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