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Le vétérinaire Colin parle de la chair du cheval : les prémices des farines animales ?

Gabriel Colin (Mollans, Haute-Saône, 1825/1896)
Médecin vétérinaire français.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 7 pp. - Format : Grand in-4

Lieu : Alfort

Date : 27 juin 1876

Destinataire : Albert Geoffroy Saint-Hilaire

Etat : Bon, pliures centrales

Description :

Longue et glaçante lettre du fameux vétérinaire Gabriel Colin, adressée au zoologue Albert Geoffroy Saint-Hilaire. Il y parle de la viande des chevaux, de ses utilisations possibles pour nourrir l'homme et pour nourrir leurs congénères :

" [...] ceux qui ont eu l'occasion de manger de la chair de cheval s'accordent à la trouver moins dure et d'un gout plus agréable qu'on ne le croit généralement ; ils disent tous qu'elle peut être avantageusement se préparée suivant la plupart des modes en usage pour les viandes de boeuf. [...] Néanmoins on est obligé de convenir que la chair de cheval est plus ferme, plus dure et d'une digestibilité moindre que celle du boeuf." Il s'en suit un long et détaillé exposé relatif à toutes les caractéristiques de la viande de cheval, des parties et muscles comestibles, de sa digestiblité, ses facultés nutritives, sa réaction à la cuisson, sa valeur, des chaires malades destinées à l'équarrissage, etc.

Sa réflexion se concentre enfin sur la faisabilité de nourrir des animaux avec de la chair d'autres animaux, impropre à la consommation des humains "Peut [être] cher ami ne serait-il pas impossible dans quelques cas particuliers de faire consommer cette chaire à des herbivores fatigués, affaiblis ou malades, car l'aversion intuitive de ces derniers pour les substances animales n'est pas tellement prononcée [...]". Il a expérimenté cela et conclue que les animaux ne se dégoutent de la chaire animale qu'a partir du moment ou on leur supprime totalement le fourrage.

Selon Colin, certaines bêtes s'accommodent de l'anthropophagie animale : "enfin des chevaux et un âne n'ont pas tardé à se faire à l'usage de la chair des animaux de leur propre espèce [...]".

 

Albert Geoffroy Saint-Hilaire (1835-1919), était un zoologiste français, fils d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-1861), et petit-fils d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844), dynastie de zoologistes et de naturalistes français.

Moins de deux ans plus tard, en 1878, Gabriel Colin accédera à la tête de la chaire de physiologie et thérapeutique de l'École nationale vétérinaire d'Alfort.

Encre noire sur deux doubles feuillets.

450,00

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