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Baudelaire, ses traductions de Poe et ses petits mensonges

Charles Baudelaire (Paris, 1821/1867)
Poète français.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 p. 1/2 - Format : In-8

Lieu : Sans

Date : 9 octobre 1864

Destinataire : Émile Marcelin, à Bruxelles

Etat : Traces de colles au verso du second feuillet

Description :

Lettre de Charles Baudelaire, adressée à Émile Marcelin, directeur du magazine La Vie parisienne, au sujet d’un poème qui y avait été publié. Il évoque également ses traductions de Poe.

"[...] M. Lévy ou M. Parfait vous remettra dans quelques jours les épreuves corrigées d'habitations imaginaires, et vous voulez plus commodément juger sur un texte imprimé de la quantité de coupures nécessaires. La partie pittoresque étant appuyée sur les considérations morales, il me parait bon de supprimer moins possible de ces dernières. Mais, c'est là, direz-vous, une opinion d'auteur". Il ajoute avec ironie : "Je vous assure que tous les directeurs (de théâtre, de revues et de journaux) ont une malheureuse propension à supposer le public plus obtus qu’il n’est."

Baudelaire est très intrigué aussi par un sonnet de lui, que vient de publier La Vie parisienne, sans son accord. Très surpris de cette parution, il écrit : "Je ne peux pas comprendre l’affaire du Sonnet ; je ne vous ai jamais envoyé de vers. J’ignorais que des vers pussent vous faire plaisir. Si je l'avais su, il y a longtemps que je vous en aurais envoyé ! Je serai à Paris avant la fin du mois, et je vous rapporterai sans doute deux paquets, - un de poëmes en prose, l'autre de quelques impressions d'une tournée dans les provinces." Il ajoute ensuite : "J'ai cherché dans ma tête ce que pouvait être ce sonnet. J’ai fait un mauvais sonnet (que j’ai détruit), à propos de la Boschetti — et que je n’ai montré qu’à deux personnes. Peut-être en aura-t-on pris copie ou gardé mémoire., et vous l'a-t-on envoyé, inexact et incorrect ? Je n’y comprends rien."

Il s’agissait du sonnet Sur les débuts d’Amina Boschetti (qui sera recueilli dans Les épaves en 1866), à propos d’une danseuse que Baudelaire avait admirée à Bruxelles. Ce poème venait en effet de paraître, sans nom d’auteur, dans une chronique de Jules Claretie publiée dans La Vie parisienne du 1er octobre. Baudelaire ment effrontément : c’est lui-même qui en avait confié le texte à Claretie, en demandant que son nom ne fût pas cité.

Il lui recommande de bien lire ses traductions de Poe : "Peut-être, quand vous aurez les épreuves de Lévy, ferez vous bien de parcourir le tout de nouveau, et,  saisissant plus facilement tout ce qu’il y a d’ingénieux dans la théorie, diminuerez-vous l’étendue des coupures [...]". Baudelaire avait proposé à Louis Marcelin (1829-1887) de publier dans La Vie parisienne des traductions d’Edgar Poe qui allaient paraître chez Michel Lévy dans les Histoire grotesques et sérieuses. Marcelin jugera finalement les textes trop longs pour être insérés dans la revue.

Correspondance, Pichois, Pléiade, 1973, II, p. 406-407.

Encre noire sur feuillet double. Sous chemise demi-maroquin noir moderne.

6200,00

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