REF: 11424

Précieux manuscrit du discours de Léon Blum du 14 juillet 1936

Léon Blum (Paris, 1872/1950)
Elu député de la Seine en 1919, il devient l'un des principaux leaders du parti socialiste (SFIO). Président du Conseil en 1936, déporté pendant la Seconde guerre mondiale et élu président du gouvernement provisoire de décembre 1946 à janvier 1947.

Type de document : manuscrit autographe (brouillon)

Nb documents : 1 - Nb pages : 6 - Format : In-4

Lieu : Sans

Date : [14 juillet 1936]

Destinataire : Sans

Etat : Sans

Description :

Exceptionnel et précieux brouillon du discours prononcé par Léon Blum le 14 juillet 1936 à la manifestation du Front Populaire.

« Citoyens, camarades et amis,

Nous étions tous ici il y a un an. Tous ensemble nous avons prêté le même serment. Le serment a été tenu. Il l’a été par les masses populaires qui, dans un effort de décision et de discipline à peu près sans exemple, ont affirmé leur volonté souveraine le 26 avril et le  mai dernier […]. Au bout de quinze jours, les deux Chambres avaient voté un ensemble de lois sociales qui, par l’esprit qui les anime autant que par leur contenu, représentent quelque chose de plus qu’une réforme, puisqu’elles marquent un changement […]. Dès cette semaine, la Chambre délibèrera sur la nationalisation des industries de guerreet sur le refonte complète du statut de la Banque de France, tandis que seront soumis à la sanction du Sénat l’amnistie, la prolongation de la scolarité, l’institution de l’office du blé, la répression de l’évasion fiscale. Aussitôt après viendront le plan des grands travaux, l’organisation du crédit pour le petit et le moyen commerce, pour la petite et moyenne industrie, les mêmes qui assureront le contrôle des prix, spécialement le prix de détail pour les denrées alimentaires […]. En échange de votre fidélité, nous vous demandons – et nous vous demandons à tous – votre confiance, que vous nous devez tant que nous nous en montrerons dignes. Nous vous demandons de nous laisser libres de bouger nos mouvements et de régler notre progression […]. Mais en revanche du côté des masses populaires dont le courant nous porte, il faut que l’on sente clairement le danger de l’impatience et de la précipitation. Il faut que l’on comprenne la nécessité de maintenir dans la même cohésion, dans le même ordre de marche les éléments sociaux si complexes – ouvriers, paysans, commerçants, petits propriétaires, petits épargnants – que le Front Populaire a rassemblés[…]. Notre victoire d’avril et mai dernier ne doit conduire qu’à des victoire nouvelles. La cause des travailleurs luttant pour la justice sociale, la cause des Républicains luttant pour les libertés civique et publique doivent être indissolublement liées […]. Le gouvernement que je préside y avait doublement sa place, comme gouvernement régulier de la République et comme gouvernement issu de la majorité de Front Populaire. Il se réclame lui aussi de la filiation révolutionnaire. Il travaille pour les mêmes objets que vous, puisqu’il tient son mandat de vous. Il veut avec vous consolider et développer la République, la relier à son passé, l’orienter vers son avenir, l’assister de cet « amour sacré » qui la portera vers de nouvelles destinées ».

Ratures et corrections, un passage entièrement biffé et réécrit sur un feuillet séparé. Un feuillet découpé en deux et renuméroté.

12000,00

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