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Poulenc perd « Tante » et met en musique Ronsard pour Bourdet alors que la guerre gronde

Francis Poulenc (Paris, 1899/1963)
Compositeur et pianiste français.

Type de document : lettre autographe signée

Nb documents : 1 - Nb pages : 2 - Format : In-4

Lieu : Sans

Date : "Samedi" [1935]

Destinataire : Madeleine Ley

Etat : Pliures centrales

Description :

Belle lettre de Francis Poulenc, adressée à la femme de lettres belge Madeleine Ley (1901-1981) :

"Ma petite Madeleine. Oui mon silence est affreux, horrible, inexcusable, atroce, indigne et surtout diamétralement en contradiction avec mon coeur. J'ai eu un été fort agité à tous les points de vue. Heureusement tout se calme maintenant et il ne me reste plus que cette mélancolie que vous devinez et l'angoisse d'heures tragiques que nous font prévoir les journaux. Je n'ai pas écrit de nouvelles mélodies si ce n'est une Romance sur un poème de Ronsard pour harpe ou piano que va créer Yvonne Printemps dans la pièce de Bourdet. Si votre concert est fin novembre rien ne vous empêchera d'en donner la première audition au concert à Geneve à condition bien entendu que la pièce de Boudet soit déjà passée. Si ma suggestion vous plait je pourrai vous soumettre une épreuve vers le 15 octobre et vous aurez largement le temps de l'apprendre. [...] Grâce à cela et à la tension mondiale j'arrive à admettre l'inévitable en bénissant le ciel d'avoir évité à la chère tante la perspective de nouvelles aurores sanglantes. Disparue si légèrement elle demeure d'autant plus pour moi, le symbole d'une époque heureuse. J'ai brûlé de connaitre Néron au titre bien impérial. Ne brûlez pas les maisons voisines pour faire joli le soir. En hâte très, très tendrement. Francis. Votre photo, celle de la tante, me cligne de l'oeil en me disant que je suis pas endormi".

En 1935, Poulenc avait mis en musique des vers de Pierre de Ronsard, pour Margot, une pièce de théâtre d’Édouard Bourdet (1887-1945) relative à Marguerite de Valois. Cette mélodie fut créée par la célèbre actrice et chanteuse Yvonne Printemps.

Cette même année, son amie Virginie Liénard (1845-1935), qu'il surnommait "Tante" ou "Tante Liénard", mourut.

Feutre noir sur papier bleu.

700,00

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