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REF: 11239

Manuscrit d’Honegger où il critique les dérives de la musique

Arthur Honegger (Le Havre, 1892/1955)
Compositeur suisse.

Type de document : manuscrit autographe

Nb documents : 1 - Nb pages : 1 p. 1/2 - Format : In-4

Lieu : S.l.

Date : S.d. [Ca. 1957]

Destinataire : Sans

Etat : Bon, pliures centrales

Description :

Manuscrit fragmentaire d'Arthur Honegger, extrait de son ouvrage Je suis compositeur (pp. 176 à 178, Éditions du Conquistador, 1957). Il y critique le domaine de la musique et ses dérives. Ratures, ajouts et corrections probablement d'une autre main.

"En 1919, Satie préconisait la musique d'ameublement une musique qui se jouait sans qu'on l'écoutât, comparable à un papier peint collé sur le mur. Nous avons, aujourd'hui, abaissé à ce niveau la Messe en Si ou le Quatuor Op 132. Les concerts sont plus nombreux que jamais. Mais ils sont devenus des performances de champions du piano ou de la baguette. L'impresario exige le programme orthodoxe : festival Beethoven pour le chef d'orchestre, récital chopin pour le pianiste. Le public se rue aux bureaux de location, sans même connaître les programmes. Encore une fois, ce n'est pas la musique qui compte, c'est la virtuosité d'exécution. Nous sommes à l'âge où l'on place une fillette de six ans devant un orchestre pour s'ébahir de ses gesticulations désordonnées !

On se demande pourquoi tant de grands maîtres du passé ont écrit tant d'ouvrages, puisqu'ils ne provoquent jamais la curiosité des exécutants. A plus forte raison, pourquoi de jeunes inconnus auraient-ils la prétention d'entrer dans une lice déjà comble ?

La malédiction - le mot n'est pas trop fort - qui pèse sur "notre métier" la voilà. La musique ne meurt pas d'anémie, mais de pléthore. Il y a trop de production, trop d'offres pour trop peu de demande. A côté des compositeurs français ou habitant Paris il y a, dans les autres pays, des hommes de grand talent (le génie reste réservé aux morts) comme Hindemith, Prokofieff, Malipiero, Dallapiccola, Hartmann, Toch, Eck, Orff, Britten, Walton, Abril, Franck Martin, Beck, Nabokoff, Barber, Copland, Chostakovitch... tant d'autres encore, dédaignés par les orchestres... Rendons nous à l'évidence d'un état comateux manifeste [...]". Il s'adresse ensuite aux jeunes compositeurs.

Encre noire et corrections à l'encre bleue.

1000,00

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